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Pour nos voyages à pied, ou mes voyages devrais-je dire puisque Manu n'a marché qu'une semaine sur le chemin de Saint-Jacques et n'adhère pas trop à cette activité, l'équipement est forcément différent des voyages en vélo ou en avion. Le poids et le volume du matériel transporté revêtent ici une importance toute particulière.

Autant dans une sacoche de vélo ou dans un sac à dos qu'on promène d'aéroport en gare et en guest-house on est pas à quelques grammes près, ni même kilos, autant à pied chaque chose que l'on emporte doit être choisi minutieusement. En le pesant !

Car tout ce qu'on juge utile d'emporter sera sur notre dos ! Plusieurs heures par jour. Par tous les temps. Sur tous les dénivelés...

Certains, de plus en plus nombreux hélas, font porter leur bagages - en général de volumineuses valises à roulettes - tout au long du chemin de Saint-Jacques, d'auberge en auberge, ou pire d'hôtel en hôtel, réservés bien longtemps à l'avance moyennant finances auprès d'organismes spécialisés... Ils n'ont pour la journée sur le dos qu'un sac léger contenant le pique-nique et un coupe-vent.

Ces gens n'ont à mon sens rien compris au pèlerinage. Peiner sous le poids d'un lourd baluchon, tout comme douter de la route à prendre ou s'inquiéter chaque jour de son gîte et de son couvert, fait partie intégrante du voyage. La  souffrance (relative...), la précarité et le doute sont nécessaires à son accomplissement. A occulter ou minimiser tous les problèmes rencontrés ces gens passent à côté du Chemin. Ils font une randonnée pédestre (parfois avec organisation logistique et accompagnateur qui plus est... !), mais certainement pas une marche autonome au long cours. Mais je m'éloigne du propos... N'en parlons plus !

Le matériel dépend du degré d'autonomie et de confort que l'on a décidé de s'accorder, de la saison à laquelle on marche, de la distance à parcourir, de ce qui est essentiel à nos yeux, du budget qu'on lui alloue.

Lors de la première balade, sur le chemin de Saint-Jacques (c'est là que Manu a marché), nous dormions dans les auberges ou les gîtes communaux qui jalonnent le parcours. Nous n'avions donc pas de tente ni de matelas. Notre duvet était très fin. Nos sacs avaient un volume de 40 litres et pesaient moins de 8 kilos.

Au Portugal et sur une partie de la voie du Puy, j'avais décidé d'être plus autonome en emportant du matériel de bivouac et donc le sac faisait cette fois 60 litres et pesait environ 12 kilos. Je n'avais pas de quoi cuisiner, et la saison n'était pas froide, sinon l'addition aurait été plus salée !

Vous trouverez ci-dessous un PDF décrivant précisément le matériel emporté pour les deux cas.

Alors bien sûr c'est un peu risible cette chasse au poids. Et on peut surtout se dire qu'un petit régime ne nous ferait pas de mal et permettrait de gagner plus efficacement, non pas des grammes, mais des kilos ! Oui bien sûr... Mais c'est plus facile de couper le manche d'une brosse à dent que de se priver de saucisson !!!

Petit aparté (ou petite leçon...) concernant les ampoules, mal récurent qui touche la quasi totalité des marcheurs :

Il va sans dire, qu'avant de vous préoccuper de leur éventuelle apparition, vous aurez pris le soin de choisir correctement vos chaussures. Vous devez vous y sentir comme dans des chaussons, sans aucun point de pression. Essayez différentes marques, et si vous devez exploser votre budget sur un poste c'est sur les chaussures qu'il faut le faire ! Dans le doute prenez-les un poil trop grandes, car vos pieds vont légèrement gonfler au fil des kilomètres. Et essayez-les avant de partir, sur de longues distances ! La plupart des abandons ont pour cause initiale des chaussures inadaptées...

Pour les ampoules, oubliez toutes les protections à base de gel, dites "double peau", la marque Comfeel en tête, que vous vendent les pharmaciens. Elles se transforment en boule collante (et souvent puante !) au bout de quelques kilomètres et elles finissent par adhérer plus à votre chaussette qu'à votre pied. Leur seul intérêt réside dans la manne financière qu'elles représentent pour lesdits pharmaciens...

Le truc tout simple, et bien moins cher, c'est l'Elastoplast en bande. C'est vraiment très efficace ! Mais il faut que ce soit en action préventive. Si l'ampoule est percée c'est déjà trop tard ! Donc au premier échauffement, c'est à dire bien avant que l'ampoule ne soit formée, il faut en découper un large morceau et l'appliquer là où ça chauffe (très souvent dans le creux plantaire au milieu du métatarse). N'hésitez pas à recouvrir une grande surface. Vous pouvez le garder plusieurs jours. Même après plusieurs douches ça adhère toujours très bien. Vous pouvez aussi en découper des petites bandelettes pour entourer vos orteils, qui souffrent eux aussi très souvent. Du sparadrap en tissu fait aussi très bien l'affaire mais ça n'existe pas en très grande largeur, et ça colle moins bien que l'Elasto.

Et surtout combattez l'humidité !!! Elle ramollit la peau et facilite donc la formation des ampoules. Pour ce, faites des pauses fréquentes et enlevez vos chaussures et chaussettes à chaque fois. 10 minutes de pause toutes les deux heures ne vous feront "perdre" (mais vous êtes là pour ça...) que 30 minutes sur une journée de 8 heures, et feront un bien fou à vos pieds ! Prenez le temps de les laisser sécher avant de repartir. Et profitez-en pour changer de chaussettes en alternant deux ou trois paires dans la journée. Pour s'y retrouver il peut être utile d'avoir des paires de chaussettes différentiables.  Et si vous avez du mal à gérer vos lessives dites-vous bien qu'il vaut mieux remettre des chaussettes sales et puantes, mais sèches, que garder des chaussettes humides...

 

Enfin, pour ceux que l'aventure tenterait, deux excellentes références qui décrivent très bien, chacune à sa manière, l'univers de ces chemins de Saint-Jacques :

Le film de Coline Serreau, "Saint-Jacques... La Mecque", comédie sans prétention mais pleine de clichés très réalistes. Et le bouquin de Jean-Christophe Rufin, "Immortelle randonnée, Compostelle malgré moi". Superbement écrit.

Et aussi le film "The way, la route ensemble" d'Emilio Estevez. Pour ma part je ne l'ai pas trouvé terrible mais c'est un film culte qui a fait un tabac auprès des asiatiques, qui du coup viennent par milliers arpenter le Camino Francès...

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